
L’EAU, ESSENTIELLE À LA VIE D’HIER ET D’AUJOURD’HUI
Sources de multiples richesses, les cours d’eau étaient autrefois entretenus par nécessité : les arbres morts et embâcles servaient de bois de chauffage, les rejets des saules et aulnes, fréquemment taillés, nourrissaient le bétail, les biefs aménagés conduisaient l’eau au moulin ou irriguaient des cultures en terrasses…
Aujourd’hui, les activités autour de la rivière ont bien changé. Les activités traditionnelles disparaissent, mais l’eau reste l’élément central de nombreux et nouveaux usages.
L’eau est toujours un facteur clef de la vie et du développement économique du territoire !
DES USAGES VARIÉS À CONCILIER
L’eau potable
L’alimentation en eau potable se fait principalement avec de l’eau de surface (retenues d’eau, sources de montagne captées à leur résurgence et prélèvements directement dans les rivières ou leurs nappes alluviales proches). L’alimentation par les eaux souterraines (par forages profonds) est minime.
Avec près de 135 000 habitants permanents, et plus du double en été, l’usage domestique (eau potable et rejets d’assainissement) reste le premier besoin et la première pression sur ce territoire rural.
L’agriculture
Les agriculteurs aussi ont besoin d’eau pour les cultures, pour abreuver les animaux et pour les processus de production (rincages de matériels, cuves…) et de transformation des produits agricoles (vin, fromage…). C’est le deuxième usage consommateur d’eau sur notre bassin versant. En période d’étiage, il passe à égalité avec l’eau potable.
L’irrigation agricole se fait soit à partir de canaux qui détournent une partie de l’eau présente dans la rivière, soit par pompages (directement dans le lit des rivières ou par forages plus profonds). Quelques retenues collinaires stockent aussi les eaux de pluie et de ruissellement. Puis l’irrigation est assurée par différentes techniques (réseaux sous pression ou à surface libre) et sur différents périmètres gérés collectivement (réseaux collectifs publics ou Associations Syndicales) ou individuellement.



LES LOISIRS LIES A L’EAU
De nombreuses activités sont permises par la rivière, que ce soit sur l’eau ou à proximité.
Sur l’ensemble du bassin versant, les bords de rivière ou de plans d’eau se prêtent à la baignade et à la détente dans des zones fraiches et souvent ombragées. Le linéaire aval des rivières (Ardèche et Chassezac), traversant des magnifiques paysages de Gorges, a vu se développer la pratique du canoë-kayak, sur différents parcours. Le canyoning sur les rivières amont est de plus en plus pratiqué. La richesse piscicole, variable selon les cours d’eau (1ère ou 2nde catégorie) attire de nombreux pêcheurs. La géologie et le creusement des roches réalisé par les rivières au fil des siècles (zones de karst) font de notre bassin versant un lieu extrêmement réputé pour la spéléologie. Et de manière plus générale, les paysages préservés et la biodiversité riche offrent des espaces de randonnée diversifiés.
Aussi, les loisirs et le tourisme liés à l’eau ont aujourd’hui un poids économique très important sur le territoire.

L’EAU, SOURCE D’ÉNERGIE
Le bassin versant de l’Ardèche accueille deux complexes hydroélectriques majeurs : Montpezat (sur la Fontaulière et la Loire) et la chaine du Chassezac (avec Puylaurent-Villefort-Pied de Borne-Malarce-Les Sallelles).
Le relief, la pluviométrie et la présence de grands réservoirs d’eau en amont du bassin versant et sur la montagne ardéchoise permettent cette production d’électricité. Les équipements sont gérés par EDF (sous concession d’Etat) depuis Lyon et Paris car, bien que situés en Ardèche et en Lozère, l’électricité produite alimente le réseau régional voire national (surtout en complément au parc nucléaire pour les demandes en période de pointe).
Lors de la construction de ces aménagements, dans les années 1950, une vocation multi-usages a aussi été prévue avec des cotes touristiques sur certaines retenues (Villefort et Issarlès) en période estivale. Cette vocation multi-usages a été renforcée dans les années 1980-90, à l’initiative des collectivités locales, avec la structuration de l’alimentation en eau potable du Sud Ardèche et la mise en place du soutien d’étiage : une petite fraction des réserves stockée permet la production d’eau potable (réseau ossature et usine de Pont de Veyrières sur la Fontaulière), l’irrigation agricole et la réalimentation en eau des rivières Ardèche et Chassezac en été pour compenser les prélèvements et maintenir niveaux et qualités d’eau acceptables pour la vie aquatique.
Ces grands équipements, mais aussi plusieurs micro-centrales au fil de l’eau, producteurs d’énergie renouvelable, sont particulièrement ciblés aujourd’hui dans le contexte de lutte contre le changement climatique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre.



DE L’EAU À PARTAGER ENTRE LES USAGES, SURTOUT EN ÉTÉ QUAND IL FAIT SEC !
L’été, les niveaux d’eau baissent naturellement du fait de l’absence de pluies : on appelle cette période l’étiage.
C’est aussi le moment où les besoins pour l’irrigation agricole et la population, permanente et touristique, augmentent fortement, mais également où les milieux naturels sont les plus vulnérables…
L’EPTB Ardèche et la politique locale de l’eau sur le bassin versant œuvrent pour l’intérêt général en veillant à partager la ressource en eau entre tous les usagers et à limiter les impacts sur les rivières. Seules la concertation et une gestion durable, globale et équilibrée permettent d’éviter que les tensions ne génèrent des conflits d’usages.
A cette période, chacun doit donc se responsabiliser pour
partager cette ressource limitée, adapter ses pratiques et être vigilant vis-à-vis des rivières et de la quantité d’eau qu’il consomme.
