DES OBJECTIFS MULTIPLES
Le réseau de suivi détaillé mis en place par l’EPTB Ardèche a plusieurs objectifs :
- Acquérir une connaissance approfondie de l’état écologique et chimique des masses d’eau qui ne sont pas ou peu suivies dans le cadre du réseau de bassin,
- Caractériser spécifiquement les phénomènes d’eutrophisation (enrichissement excessif du milieu en nutriments) auquel notre bassin est particulièrement vulnérable,
- Evaluer l’impact des diverses perturbations sur les cours d’eau, telles que les pollutions agricoles, domestiques ou industrielles,
- Suivre les effets du changement climatique sur les cours d’eau,
- Evaluer l’efficacité des actions menées sur le bassin versant (sur les rejets polluants directement, mais aussi sur la qualité des milieux).
Ces suivis sont réalisées sur des points d’échantillonnage judicieusement choisis selon les objectifs visés.
PARAMÈTRES ET PROTOCOLE
Les principaux paramètres étudiés sont physico-chimiques :
- Les débits, la température de l’eau, le pH, la teneur en oxygène dissous, ainsi que la quantité d’azote et de phosphore présents dans l’eau,
- Les polluants chimiques tels que les métaux lourds, les pesticides, et les résidus de médicaments peuvent également être recherchés.
Les analyses sont réalisées soit sur place, soit sur des échantillons d’eau prélevés, puis analysés en laboratoire. La fréquence d’analyses est de 3 à 5 passages par an et le protocole prévoit de reproduire les mesures sur 2 années de suite pour réduire les biais liés à la variabilité hydro-météorologique inter-annuelle.
De plus, certains paramètres peuvent être suivis tout au long de l’année, notamment la température, le pH et l’oxygène dissous, grâce à l’installation de sondes enregistreuses.
Pour évaluer l’état écologique global d’un cours d’eau, sont également pris en considération les paramètres biologiques : la présence, la quantité et la diversité des êtres vivants (poissons, invertébrés aquatiques, plantes aquatiques et algues microscopiques).
Certaines espèces étant particulièrement sensibles aux pollutions et ne vivant que dans des eaux de très bonne qualité, leur présence ou leur absence et leur densité permet d’obtenir des indices précieux sur la santé du milieu : ces espèces sont des « bio-indicateurs ».
LES CYANOBACTÉRIES EN RIVIÈRE
Les cyanobactéries sont des organismes naturellement présents dans les milieux aquatiques qui se développent en fonction des conditions environnementales (ensoleillement, températures élevées, faible courant, faible hauteur d’eau…). En rivière, ce sont les formes de cyanobactéries benthiques qui sont potentiellement présentes. Elles se développent sous forme de biofilm fixé à un support (galets, bâtons, etc…). Lorsque ces cyanobactéries meurent, elles se décrochent et forment des « flocs » (galettes à la surface de l’eau) qui peuvent s’accumuler dans des zones de faible courant ou d’eaux stagnantes.
La toxicité ne s’exprime qu’en cas d’ingestion de biofilm ou de floc ; c’est pour cela que les animaux domestiques et les jeunes enfants sont les plus exposés au risque, car ils sont plus susceptibles de porter à la bouche des galets / bâtons recouverts de biofilm ou d’ingérer des flocs.
Les proliférations de cyanobactéries sont possibles dans nos rivières, mais elles restent rares et très localisées : les zones de production de biofilm ou d’accumulation de flocs sont souvent concentrées sur quelques mètres carrés. En cas de suspicion de prolifération, l’EPTB ou l’ARS peuvent réaliser des analyses pour déterminer la concentration de ces organismes dans le milieu. Une information préventive est diffusée auprès des gestionnaires où des flocs ont été observés, notamment à travers des affiches de prévention.
L’EPTB mène actuellement une étude sur la connaissance des cyanobactéries sur les rivières du bassin versant ainsi que les mesures de gestion à mettre en place en cas de suspicions. La culture du risque et la connaissance des bonnes pratiques en rivière, mais aussi la lutte contre la sécheresse et le réchauffement des eaux, sont les principaux moyens de prévention.
