Etablissement Public Territorial
du Bassin Versant de l’Ardèche

Le Code de l’Environnement définit les zones humides comme des « terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire, ou dont la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ». (Art. L.211-1 du Code de l’Environnement).

Tourbières, prairies inondées, marais, prés salés, forêts alluviales ou encore mangroves, il existe une multitude de types de zones humides différentes et chacune abrite une biodiversité exceptionnelle (animale et végétale).

Ces milieux particulièrement fragiles fournissent de multiples services utiles aux équilibres naturels et aux activités humaines, appelés services éco-systémiques :

  • Fonctions hydrologiques : fonctionnant comme des « éponges naturelles », elles retiennent l’eau en période d’inondation/de précipitations, la stockent et la restituent en période de sécheresse. En stockant l’eau, elles contribuent à réguler les crues ;
  • Fonctions biogéochimiques : épuration de l’eau en particulier l’azote et le phosphore ;
  • Fonctions biologiques : production de ressources naturelles (foin, bois, plantes médicinales…), réservoirs de biodiversité pour de nombreuses espèces ;
  • Fonctions climatiques : stockage du carbone, régulation climatique…

Au-delà de ces services, les zones humides jouent également un rôle social, culturel, patrimonial et esthétique.

DES MILIEUX EXTRÊMEMENT MENACÉS

Dans le monde, 87 % des zones humides présentes au XVIIIe siècle sont aujourd’hui perdues. La part de leur surface disparaît trois fois plus vite que celle de la déforestation. En France, on estime qu’environ la moitié des zones humides ont disparu entre 1960 et 1990 (urbanisation, drainages de terres) (sources : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/les-zones-humides-en-france-synthese-des-connaissances-en-2023).

En effet, de nombreuses menaces portent atteinte aux fonctions des zones humides :

  • perturbation du régime hydraulique,
  • dégradation de la qualité de l’eau,
  • perturbation de l’écosystème ou même disparition totale par assèchement, exploitation ou comblement,
  • colonisation par les espèces exotiques envahissantes.

Sur le bassin versant de l’Ardèche, de nombreuses zones humides sont présentes, les plus importantes en surface étant liées à la rivière Ardèche, mais également à d’autres cours d’eau comme l’Ibie ou la Beaume. Les têtes de bassin accueillent un nombre particulièrement important de petites zones humides, comme sur la partie Lozérienne (secteur Chassezac, mont Lozère) sous forme de prairies humides et de tourbières. Le plateau de Montselgues ainsi que le bois de Cuze abritent également de nombreuses zones humides.

Les zones humides rencontrées sur le bassin versant de l’Ardèche sont variées. 660 zones humides sont identifiées sur celui-ci, pour plus de 3 100 ha (seulement 40% de ces zones humides ont une superficie supérieure à 1ha).

ACTIONS DE PRÉSERVATION

Plusieurs organismes œuvrent depuis de nombreuses années pour la préservation des zones humides sur le bassin versant :

  • Les conservatoires des Espaces Naturels (Rhône Alpes et Occitanie)
  • Le Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche ainsi que la communauté de communes Beaume-Drobie dans le cadre de l’animation de sites Natura 2000
  • certaines communes (Montselgues…)

Plusieurs plans de gestion de milieux naturels comprenant des zones humides ont été élaborés sur le bassin versant. Ils sont généralement en place sur des espaces reconnus pour leur patrimoine naturel d’intérêt. Ils sont portés par divers maitres d’ouvrages et à des stades d’avancement différents.