SÉCHERESSE SUR LE BASSIN VERSANT DE L’ARDÈCHE : DES NIVEAUX D’EAU EN FORTE BAISSE ET 1ÈRES RESTRICTIONS D’USAGES
Après un hiver très pluvieux, les précipitations ont été largement déficitaires au printemps, accompagnées d’épisodes de chaleur précoces. Les débits naturels des cours d’eau du bassin versant de l’Ardèche sont ainsi en forte baisse et se situent aujourd’hui bien en dessous des normales de saison.
Le printemps 2026 (mars-avril-mai) figure parmi les plus chauds et les plus secs des 50 dernières années sur le bassin versant de l’Ardèche.
Malgré un hiver humide, les caractéristiques méditerranéennes de notre climat et la géologie de nos versants font que la situation de la ressource en eau peut évoluer naturellement en quelques semaines, dès avant les fortes hausses de consommations attendues (principalement pour l’eau potable et l’agriculture).
👉 Les premières restrictions d’usages de l’eau ont été prises par arrêté préfectoral très tôt dans la saison :
– mesures d’ALERTE (niveau 2/4) sur la partie du bassin dans le département de l’Ardèche
– mesures de VIGILANCE préconisées sur les départements du Gard et de la Lozère
Ces mesures visent à préserver l’eau pour les usages prioritaires et à protéger les milieux aquatiques, particulièrement fragiles en période d’étiage. L’évolution de ces restrictions dépendra étroitement des éventuelles pluies et températures de ces prochaines semaines.
🚱 RESTRICTIONS EN VIGUEUR


➤ Consultez l’arrêté préfectoral 07
➤ Consultez l’arrêté préfectoral 48
⚠️ Pour rappel : les restrictions d’usage sont applicables quelle que soit la ressource utilisée (réseau d’eau potable, forage, pompage en rivière, source…) à l’exception des stockages constitués avant la période de restriction.
🚰 CAS PARTICULIER DES AXES CHASSEZAC ET ARDÈCHE BÉNÉFICIANT DU SOUTIEN D’ÉTIAGE
Habituellement, du 15 juin au 15 septembre, les rivières Ardèche et Chassezac et leurs divers usages bénéficient d’un soutien d’étiage apporté par des stocks d’eau constitués au printemps dans les aménagements hydroélectriques d’EDF sur le Chassezac et la Loire.
Ce soutien d’étiage représente en moyenne la moitié de l’eau qui coule l’été dans le Chassezac et l’Ardèche et jusqu’à 80 % au plus fort de l’étiage.
Cette année, les débits naturels sont déjà faibles pour la saison et le soutien d’étiage pourrait être insuffisant pour maintenir des niveaux d’eau optimaux pour les milieux et les usagers :
– sur le Chassezac, le stock (9,6 millions de m3) est constitué en totalité sur le barrage de Puylaurent mais la cote touristique sur le lac de Villefort n’est pas atteinte et nécessite une gestion spécifique des réserves sur l’aménagement du Chassezac. Le soutien d’étiage du Bas Chassezac a tout de même débuté dès le 15 juin mais de manière parcimonieuse ;
– sur l’Ardèche, le stock actuellement constitué est de 10,8 millions de m3, soit 89 % de la réserve maximale. En raison de la baisse importante des débits naturels de la Loire (à soutenir prioritairement) et de l’Ardèche, le Comité de gestion des réserves a pris la décision de retarder le démarrage du soutien d’étiage. La baisse des débits devrait donc se poursuivre dans les prochains jours à la faveur de la canicule attendue.
📉 UNE SITUATION QUI POURRAIT ENCORE SE DÉGRADER
En l’absence de précipitations dans les prochains jours, la situation pourrait continuer à se détériorer. D’autres mesures plus strictes pourraient être prises si les débits des cours d’eau poursuivent leur baisse.